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Les richesses de l’échec

les richesses de l-echec - la nécessité de l-échec dans le processus créatif
Temps de lecture : 5 minutes

Comment l’échec peut-il être source de richesses ? Comment s’en servir pour progresser et reprendre confiance en soi ? 5 conseils pour se remettre d’un échec

L’échec qui fait mal

L’échec ? Il se chuchote, se murmure, se cache, se minimise, se camoufle. Nos sociétés cartésiennes – oui, encore lui ! Descartes affirme ” Nous savons que l’erreur dépend de notre volonté “…- imputent donc à l’erreur une faille narcissique. Cette identification entre l’échec et la personne, entre le “faire” et “l’être”, provoque honte quand l’erreur est faite et visible; tricherie quand l’erreur est faite mais pas assumée; peur quand on en est encore à l’incertitude de l’action. Il n’y a alors ni réussite, ni échec mais paralysie par peur de l’erreur. Les perfectionnistes connaissent bien ce blocage.

Alors, voir l’échec comme une chance, c’est pas gagné-gagné, parce que, souvent, l’échec ça fait mal !

La nécessité de l’échec dans la créativité : pas d’exploration sans erreur

Et pourtant ! On en connaît tous de ces histoires d’énormes succès dûs à un échec. Une colle qui ne marche pas, ça devient l’invention des post-it; Steve Job licencié de sa propre boîte retrouve le chemin de la créativité et invente l’ipod et l’iphone; Nespresso affronte un échec cuisant auprès des entreprises et des restaurateurs avant de pénétrer dans les foyers (cela dit, fermer sa porte à Georges Clooney, c’est difficile 😉 ); ou encore l’invention de la pénicilline par Fleming issue d’une préparation “ratée”.

Les flops, les ratés, les échecs, se multiplient autant dans l’histoire industrielle, que celle des arts, du sport, des spectacles. Car il ne peut y avoir d’exploration sans échec. L’échec est nécessaire à l’innovation. Il en est la base même. Il n’y a pas de réussites sans échecs. Et, de manière plus individuelle, il est aussi nécessaire à la maturité, l’autonomie, au développement personnel, à la compréhension de soi et, ce qui peut paraître paradoxal, à la confiance en soi.

Si on commence à volontiers reconnaître la nécessité de l’échec dans l’innovation industrielle (Google organise même des failcon), et plus largement le processus créatif, cette revalorisation de l’échec ne déteint pas sur notre perception de l’individu, sa construction identitaire, son évolution, et encore moins ses apprentissages. Quel dommage !

Comprendre la source de ses échecs : magnifique occasion de ne pas les répéter.

Pourtant l’échec est lié à l’apprentissage et à la réussite scolaire. Car faire des erreurs est une formidable occasion d’apprendre. Transformer ses erreurs en expériences, voilà une des grandes richesses de l’échec. Pour cela, il faut se pencher dessus et comprendre où, quand, comment, qu’est-ce qui a fait qu’on a échoué ? L’échec nous donne cette possibilité d’analyse, la réussite ne nous l’offre pas.
La réussite, on la célèbre, puis on continue. Bien sûr, c’est bien. Et s’appuyer sur ses réussites augmente l’estime de soi, aide à prendre confiance en soi. Mais, souvent, elle ne nous apprend pas grand chose sur nous même.
Or savoir s’arrêter sur ses échecs pour les comprendre, c’est se donner une chance de ne pas les répéter. Parfois il vaut mieux rater un devoir, surtout en début d’année, quand on aborde une nouvelle discipline ou une nouvelle notion, que de partir sur des chapeaux de roue, se reposer dessus, et finir cahin-caha. L’échec du démarrage, s’il est bien accueilli, l’apprenant bien entouré, peut être profondément fécond pour la suite.

Persévérer en changeant des facteurs et garder le même enthousiasme

Bien sûr ce qui est fondamental pour qu’un échec se transforme en opportunité, c’est, qu’une fois la source de l’échec identifiée, il faut changer les paramètres de la démarche initiale. Un échec incite à se renouveler, c’est là sa richesse. Parfois, cette démarche d’exploration peut être longue, et donner le sentiment d’aller d’échec en échec.
Thomas Edison a dû faire face à des milliers de tentatives – ou échecs ?- avant de trouver le système de l’ampoule électrique. Et si on lui en laisse la paternité alors que bien des prédécesseurs avaient avancé sur le sujet, c’est parce qu’Edison a continué de chercher. Toujours aussi motivé, il s’appuyait sur chaque tentative ratée pour recommencer; à chaque fois, il changeait des paramètres.
A aucun moment Thomas Edison n’a pensé qu’un allumage raté signifiait qu’il était lui, un raté.

Notre perception de l’échec devient de plus en plus négative dès lors que nous l’identifions à notre personne

Or, généralement, ce qui accentue la douleur de l’échec c’est qu’on l’associe à notre personne. Et plus on s’identifie à l’échec plus cette douleur augmente. Et plus la perception de cette notion même d’échec devient négative.
Malheureusement, en France, on induit très tôt cette identification. On amalgame l’échec et l’individu avec une évidence déconcertante. Les réunions de parents attestent de la crispation sur la réussite dès la maternelle. Le système est ainsi fait; il n’aime pas les redoublants, les sans-diplôme, les dépôts de bilan. La société française abhorre l’échec, -presque autant que la réussite ! Ainsi, l’éventualité même d’échouer ou se tromper paralyse l’initiative. C’est ainsi qu’on fabrique des à-peu-près-bons-partout qui vont rentrer dans les cases du système.
Il n’y a donc aucune place pour le temps de l’exploration, ce temps qui permet l’observation, l’essai, l’erreur, l’analyse…
Ce temps de la connaissance avec soi, découvrir ce que l’on aime, se faire confiance, trouver sa zone de confort
Ce temps qui permet l’audace de sortir de cette zone de confort,
Ce temps qui consolide l’affirmation de soi,
Ce temps qui permet de transformer l’essai et prendre des risques,
Ce temps de réussite; tisser des liens avec l’échec comme une fabuleuse source d’apprentissage et réussir ses échecs !

Il n’y a pas d’apprentissage sans erreur : la peur de l’échec conduit au manque d’audace et à une vie sans éclat

Alors, pendant ce temps qui n’en est plus, les bancs d’école fabriquent des angoissés de la vie qui n’ont pas droit à l’erreur.
Ils ne savent plus faire la différence entre l’image d’eux-mêmes et leur identité profonde, entre leur “moi” et leur “surmoi”, leurs échecs et leur personne, leurs talents et ce qu’on leur demande, leurs diplômes et leurs envies.
Le monde professionnel se charge de prendre la suite et continue de réduire chacun à ses échecs ou ses réussites, obstinément aveugle aux aléas de l’existence et à la singularité de chacun.
Les à-peu-près-bons-partout se chauffent une place au soleil, souvent au détriment de leurs passions qu’ils ont égarées depuis longtemps.

Avoir peur de l’échec, le refuser, le fuir, -parfois avec d’autant plus de virulence qu’on s’ identifie à ce dernier- est-ce alors une fuite de soi ? Un refus de soi ?
hmmm hmmmm, on voit que dans tous les cas c’est pas terrible terrible de déclarer la guerre à l’échec.
Qu’on le veuille ou non, l’échec fait partie de la vie, il est intrinsèquement lié à notre condition humaine. Une de ses plus grandes richesses est de nous permettre de progresser sans cesse.
Alors, comme le dit JK Rowling, “Vous échouerez, c’est inévitable, le plus important c’est comment vous vous servez de vos échecs.”

“Vous échouerez, c’est inévitable, le plus important c’est comment vous vous servez de vos échecs.”

JK Rowling

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