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Et si on répondait à nos besoins ?

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Temps de lecture : 6 minutes

Un besoin, à quoi ça sert ?

Tout être humain est un être de besoins. Les besoins sont là pour assurer notre vie physiologique comme notre vie psychique. Il ne s’agit donc pas de désirs, de souhaits, d’envies, etc, encore moins de caprices. Satisfaire un besoin revient à garantir notre dynamique vitale, dans toutes les dimensions de notre être. La nécessité de cette satisfaction de nos besoins semble évidente pour nos besoins physiologiques de base ; manger pour combler la faim, boire pour étancher la soif, dormir, bouger, respirer…

Elle est hélas plus méconnue au niveau de nos besoins psychiques. Pourtant, nous sommes tous de la même nature et chacun de nous est donc traversé par les différents niveaux de besoins si bien mis à jour par Abraham Maslow.

Les besoins dans la pyramide de Maslow

Partant des besoins fondamentaux liés à notre survie, l’axe s’élève vers nos besoins plus évolués propres à notre vitalité psychique. Ainsi, Maslow les hiérarchise en une pyramide, communément appelée la Pyramide de Maslow. Chacune de nos motivations est initiée par la nécessité de répondre à au moins un de nos besoins fondamentaux.Pyramide des besoins Abraham Maslow-Parcoursduloupblanc

A la base de la pyramide se situent nos besoins physiologiques, motivés par le manque ; toute déficience au niveau de ces besoins liés directement à notre survie nous met en péril.

Tout en haut de la pyramide, on trouve nos besoins liés à la réalisation de soi, à l’épanouissement personnel ; ces besoins sont motivés par la croissance.

Il va de soi que les besoins de base sont prioritaires sur les besoins du sommet ; cela paraît compliqué de s’épanouir si on a faim, soif, ou des difficultés à respirer.

Juste au-dessus de ces besoins physiologiques, nous avons des besoins liés à la sécurité et à la protection. Là commence à intervenir notre psychisme, car ces besoins de sécurité débordent du cadre strictement physique; ils concernent la sécurité physique, matérielle, comme la sécurité affective. On y trouve la stabilité, la fiabilité, l’ordre, la clarté, la protection, la propriété, la propreté, la maîtrise, les limites, le respect, l’intégrité.

Viennent ensuite les besoins liés à notre vie sociale. Nos besoins d’amour et d’appartenance (aimer et être aimé, amitié, échange, partage, être compris, faire partie d’un groupe…) précèdent nos besoins d’estime (besoin de considération, de se sentir utile, de reconnaissance, de réussite, d’avoir de la valeur, d’autonomie, de liberté)

Et tout en haut, quand on a la tête dans les étoiles, on répond alors à nos besoins d’accomplissement. Ces besoins là ne se déclarent pas à partir d’un manque, contrairement aux précédents. Ils s’actualisent au cours de nos expériences et tendent à grandir lorsqu’on y répond. On pourrait les appeler les besoins du Large (besoin de développer ses connaissances, ses valeurs, besoin d’explorer, de créer, de se dépasser, besoin de beauté, de spiritualité, de transcendance…) en bref le Vrai, le Bien, le Beau.

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Une seule réponse pour tous mes besoins ?

Chaque être humain est habité en permanence par cet axe, à des degrés divers. Tiraillé entre le manque ontologique et la recherche de plénitude, nous avançons cahin-caha. Chacun de nous étant unique, la forme de nos besoins varie. Elle diffère selon les individus, leurs expériences de vie, leur culture… ainsi que la façon d’y répondre. Pour que Pierre se sente en sécurité, il préfère fermer la porte de sa chambre et travailler au calme alors que Jean répond à son besoin de sécurité en laissant la porte ouverte ; entendre les bruits familiers de la maison le rassure.

En outre, nos besoins fluctuent et notre manière de les satisfaire évolue tout au long de notre vie. C’est d’ailleurs à espérer, car l’adulte qui se mettrait à crier et pleurer parce qu’il a faim démontrerait une immaturité angoissante ! La réponse à un besoin étant comportementale, on peut toujours abandonner un comportement inadapté et en adopter un autre. C’est le principe de l’apprentissage lié à notre plasticité cérébrale.

Ces multiples paramètres soulignent une difficulté : dans une situation, on ne peut pas systématiquement deviner les besoins de son interlocuteur. Même s’il s’agit de votre ado chéri ou de votre parent bien aimé 😉

Or, dans bien des cas, on se retrouve dans cette impasse; confus au niveau de l’expression de nos besoins, on souhaite que l’autre y réponde. Apprendre à distinguer ses besoins évite de les quémander sous forme de reproches, d’injonctions, d’exigences implicites, de chantage affectif.

C’est à chacun d’en assumer la responsabilité et d’apprendre à y répondre de manière appropriée, dans le respect de l’autre qui est même. Cette clairvoyance garantit une qualité relationnelle.

Comment reconnaître un besoin ?

Un besoin est signalé par la manifestation d’une émotion. Une émotion est le porte-parole d’un besoin. Distinguer ses besoins passe donc par la reconnaissance et l’acceptation de ses émotions. Emotion refusée/besoin ignoré/action inadaptée : c’est une équation qui marche à tous les coups ! Elle cultive le mal-être et génère les conflits, voire des violences explosives.

Prendre la responsabilité de répondre à ses propres besoins, sans les satisfaire au détriment de quelqu’un d’autre (groupe, entreprise, famille, nation,etc) est un apprentissage qui nous conduit vers davantage de liberté et pacifie nos interactions sociales. C’est d’ailleurs le principe de la Communication NonViolente.
L’action collective constructive s’établit sur des consciences individuelles éclairées.

Quels avantages à répondre à ses besoins ?

Le parent qui rentre fatigué ou contrarié de son travail et s’irrite face aux sollicitations de son ado risque de créer un nouveau conflit ; en n’exprimant pas son besoin de calme et de détente avant toute discussion, il ne s’autorise pas à le combler. Or, non seulement ce besoin clairement exprimé peut être reconnu par l’ado (surtout s’il y’a promesse de l’écouter plus tard) mais aussi la réponse inadaptée de fermer toute discussion n’atteindra pas l’objectif souhaité, bénéficier d’un temps calme. L’ado, à son tour, nié dans son besoin d’être écouté, compris ou/et aimé, reviendra à la charge de manière plus ou moins virulente… Je vous laisse imaginer la suite 😉

Lorsqu’un besoin est satisfait, il s’éclipse et nous pouvons alors nous consacrer à répondre à des besoins plus élevés.comment repondre a ses besoins ?

Ne pas confondre besoin et habitudes ou caprices

N’est pas considéré comme un besoin réel une habitude ou la répétition d’une préférence. Je n’ai pas “besoin” que ma chambre soit en désordre pour me sentir bien. Peut-être que ce désordre signe une volonté de marquer son territoire ? Le besoin de territoire est un besoin réel, le désordre est une réponse parmi d’autres possibles, pas forcément adaptée.

Conclusion

En conclusion, si nos besoins sont vitaux, permanents et universels, leurs satisfactions évoluent au cours de nos expériences et varient d’un individu à l’autre, d’une situation à l’autre ou d’une culture à l’autre. Ils nous sont suggérés par l’émergence d’une émotion. C’est à chacun d’en prendre la responsabilité car le fameux “j’ai besoin que tu…” est, au mieux, un abus de langage ; au pire, une exigence, un ordre ou un chantage dissimulés.
Entendre et savoir répondre à ses besoins passe par l’attention à ses émotions et leur régence, tout cela dans la reconnaissance véritablement fraternelle de l’altérité. Chacun de nous étant traversé par ces besoins vitaux, leur satisfaction est, certes, particulière. Néanmoins, elle n’est pas pour autant exclusive, car cette réfutation de l’autre entraîne inévitablement un sentiment d’injustice.

Si les hommes voulaient vivre simplement et se contenter de satisfaire aux vrais besoins, on verrait partout l’abondance, la joie, la paix et l’union sur la terre.
Fénelon ; Les aventures de Télémaque (1699)

En cette période de fête, beaucoup de bonheurs sont espérés et…quelques tensions sont redoutées ! De nombreux besoins fondamentaux émergent lors des fêtes familiales. Parents, enfants, grands-parents, conjoints, frères et soeurs, faites le tri ! Attendre/exiger de quelqu’un d’autre ce qu’on ne peut clarifier, se donner, ou lui donner cultive le dépit…
Ce qui est sûr, c’est que vous n’aurez pas “besoin” de dinde au marron, de chocolats ou de bûche de Noël pour être heureux, mais bien plus d’appartenance familiale et de liens affectifs, qu’un met traditionnel peut symboliser pour certains et pas pour d’autres. Quel casse-tête ! 😉
Chacun de nous a besoin d’amour et de joie ; alors, je vous souhaite un très Joyeux Noël plein d’amour et de bienveillance ! et du chocolat, quand même 🙂

Et pensez à partager cet article avec ceux que vous aimez ! Merci !

Laure de Balincourt

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