Blog : Coaching & développement personnel

Le triangle de Karpman : comment en sortir ?

Temps de lecture : 6 minutes

Comprendre et dépasser le Triangle de Karpman : sortir des rôles de Bourreau, Victime et Sauveur

Le Triangle de Karpman est un modèle psychologique puissant qui aide à comprendre les dynamiques de conflit interpersonnel et les jeux de rôle malsains qui peuvent se développer dans nos relations. Créé par le psychiatre Stephen Karpman à la fin des années 1960, ce modèle décrit trois positions principales : le bourreau, la victime et le sauveur. Selon ce schéma, si une personne utilise l’un de ces rôles, elle entraine l’autre à jouer un rôle complémentaire et la communication entre les deux protagonistes en est gravement perturbée. Il est donc important de repérer ces rôles et, surtout, savoir comment sortir de ces schémas destructeurs.

Les 3 positions du Triangle de Karpman

Comment sortir du Triangle de Karpman ? Triangle dramatique ou triangle de Karpman :  interactions des 3 rôles possibles dans une relation malsaine.

1- Le Bourreau

Le Bourreau ( parfois appelé « persécuteur » -c’est tout aussi sympa, non ?- ) est celui qui critique, juge et attaque les autres. Il exerce son pouvoir en faisant sentir aux autres qu’ils sont inférieurs ou incompétents. La position de « bourreau » s’appuie sur la colère. Les comportements typiques d’un bourreau sont le mépris et la domination. Les personnes adoptant ce rôle peuvent souvent se sentir justifiées dans leurs actions, croyant -ou laissant croire- qu’elles corrigent ou disciplinent les autres. ( Elle peuvent ainsi alterner avec la position du Sauveur.) Dans leur relationnel, elles cherchent à avoir raison

Exemple : Dans un groupe d’amis, un adolescent critique constamment les choix de mode de vie et les décisions de ses amis. Il se moque de leurs goûts musicaux, de leurs centres d’intérêt, de leurs looks ou de leurs aspirations professionnelles, ce qui crée des tensions dans le groupe. Pour le persécuteur, tout est bon pour asseoir son pouvoir.

2- La Victime

La Victime se sent impuissante et vulnérable et cherchera donc la protection. La position de « victime » s’appuie sur la honte. La victime peut être une personne qui a vécu des situations traumatisantes ou des expériences difficiles. Elle en a développé un sentiment de résignation. Les personnes dans le rôle de victime ont du mal à exprimer leurs besoins ou les défendre; elles restent dans la plainte. Elles ont des facilités à se sentir dépassées par les circonstances et ont du mal à s’autonomiser et se responsabiliser. Dans leur relationnel, elles cherchent à apitoyer pour demander de l’attention, souffrant d’une très faible estime de soi.

Exemple : Un étudiant éprouve des difficultés à gérer ses cours et à maintenir un équilibre entre ses études, son travail à temps partiel et sa vie sociale. Au lieu de chercher des solutions pour améliorer sa gestion du temps, il se plaint régulièrement de son horaire chargé. Il blâme ses professeurs, la société, ses amis sans prendre de mesures pour s’aider lui-même.

3- Le Sauveur

Le Sauveur est celui qui se sent responsable de résoudre les problèmes des autres. La position de « sauveur » s’appuie sur la culpabilité. Il intervient sans qu’on lui demande, ne peut s’empêcher d’aider. Il peut se montrer compréhensif et attentionné, mais en réalité, il est motivé par le besoin de se racheter; se sentir important et nécessaire le soutient dans cette confrontation.
Gratifiant sur le plan narcissique, le sauveur justifie son existence en se rendant indispensable. Les sauveurs ont tendance à ignorer leurs propres besoins pour se consacrer à ceux des autres. Cette attitude peut entraîner de la frustration et du ressentiment. Elle peut aussi recouvrir une redoutable manipulation.

Exemple : Une jeune professionnelle, fraîchement diplômée, s’engage à aider tous ses amis à trouver du travail en révisant leur CV, en organisant des entretiens d’embauche simulés et en cherchant constamment des offres d’emploi pour eux. Elle se néglige elle-même et sacrifie son temps et son énergie pour les autres, espérant être perçue comme indispensable et altruiste.

Ces rôles ne sont pas figés. Les personnes peuvent passer d’un rôle à l’autre en fonction des circonstances et des relations. Par exemple, le sauveur peut devenir un bourreau s’il se sent frustré de ne pas être apprécié, ou la victime peut jouer le rôle du sauveur en tentant de résoudre les problèmes des autres pour se sentir valorisée. La prise de conscience de ces schémas est essentielle pour en sortir et favoriser des relations plus équilibrées et saines.

Lire aussi

Repérer les positions du Triangle

Reconnaître ces positions pour éviter de s’enfermer dans le Triangle de Karpman. En général, ces rôles ont été adoptés comme réponse à une situation de survie à une expérience difficile, puis ils se sont généralisés. Voici quelques signes qui peuvent vous aider à identifier ces rôles :

  1. Langage et comportement : Les bourreaux utilisent un langage critique et accusateur ou des injonctions paradoxales. Les victimes se plaignent fréquemment, tandis que les sauveurs offrent constamment leur aide non sollicitée.
  2. Émotions : Les bourreaux expriment souvent de la colère, de l’agacement ou du mépris. Les victimes sont souvent dans un état d’anxiété, de tristesse ou de désespoir. Les sauveurs se sentent anxieux lorsqu’ils ne peuvent pas aider.
  3. Culpabilité et responsabilité : Les bourreaux blâment les autres. Les victimes se blâment elles-mêmes. Les sauveurs se sentent responsables du bien-être des autres.
  4. Cycle répétitif : Les personnes enfermées dans le triangle passent souvent d’un rôle à l’autre. Par exemple, un sauveur peut construire une dépendance, devenir un bourreau, puis se sentir coupable et devenir une victime.

Comment sortir du Triangle de Karpman

Maintenant que vous comprenez les trois positions du Triangle de Karpman et comment les repérer, voici quelques conseils pour sortir de ce modèle générateur de relations toxiques :

  1. Prenez conscience de vos schémas :
    La première étape pour sortir du Triangle de Karpman est de reconnaître quand vous vous trouvez dans l’un de ces rôles. Soyez attentif à vos pensées, à vos émotions et à vos comportements. Vous pourriez vous retrouver à jouer le rôle du sauveur en voulant aider les autres à tout prix, même si cela signifie vous négliger. On peut être attentionné et altruiste sans pour autant endosser le rôle de sauveur.
  2. Responsabilité personnelle :
    Acceptez la responsabilité de vos propres besoins, émotions et actions. Ne vous blâmez pas, mais reconnaissez que vous avez le pouvoir de changer vos schémas de comportement. Si vous avez été victime de traumatisme et que vous vous retrouvez régulièrement en position de victime, il est important de comprendre que vous n’êtes pas responsable de ce qui vous est arrivé, mais vous êtes responsable de votre évolution. Il y’a souvent une croyance fondamentale élaborée à partir d’une épreuve. Cette croyance, utile au départ, s’est généralisée et s’imprime dans vos comportements.
  3. Communication honnête :
    Apprenez à accueillir vos émotions et exprimer vos besoins et vos limites de manière constructive et respectueuse. Écoutez également les besoins des autres sans chercher à les sauver ou à les critiquer. Si vous endossez régulièrement le rôle du bourreau, cherchez ce qui vous amène à vouloir dominer l’autre. Est-ce un manque de confiance en vous que vous dissimulez dans des rapports de pouvoir ? Quelle peur se dissimule derrière ce besoin de contrôle ?
  4. Fixez des limites :
    Établissez des limites claires pour vous-même et pour les autres. Cela peut vous aider à éviter de vous laisser entraîner dans les schémas du triangle de Karpman. Si quelqu’un tente de vous faire endosser le rôle de la victime à des fins manipulatrices, affirmez-vous en exprimant fermement vos limites. Pour un « sauveur » récurrent, apprenez à dire « non » lorsque cela est nécessaire pour préserver votre énergie et votre équilibre.
  5. Apprenez à demander de l’aide :
    Au lieu de jouer le rôle du sauveur en suggérant de tout résoudre vous-même, demandez de l’aide lorsque vous en avez besoin. Cela renforce les relations et favorise une communication ouverte. Un soutien de professionnel peut vous aider à faire face à vos expériences et à développer une compréhension et des mécanismes d’adaptation sains. Vous n’avez pas à tout gérer seul, et demander de l’aide est un signe de force, pas de faiblesse.
  6. Apprenez la résolution de conflit :
    Développez des compétences en résolution de conflit pour traiter les désaccords de manière constructive. Pour éviter les attaques personnelles et rechercher des solutions mutuellement bénéfiques, vous pouvez vous appuyer sur la Communication NonViolente (CNV). Que vous ayez tendance à jouer le rôle de victime pour éviter les conflits, le rôle de bourreau pour prendre le pouvoir en créant des rapports de force, ou que vous endossiez sans cesse le rôle de sauveur en volant à la rescousse sans qu’on vous le demande, travaillez sur votre capacité à exprimer vos besoins et prendre votre place de façon juste, pour vous comme pour l’autre.

Assumer ses émotions et besoins pour éviter d’entrer dans le triangle

Le Triangle de Karpman, ou Triangle Dramatique, est un modèle utile pour comprendre les dynamiques relationnelles dysfonctionnelles, -voire destructrices- et les jeux de rôle malsains. Comme souvent ce relationnel dysfonctionnel avec les autres part d’un relationnel altéré avec soi. En reconnaissant les positions du bourreau, de la victime et du sauveur, vous pouvez travailler à sortir de ces schémas et à favoriser des relations plus saines et équilibrées. En prenant conscience de vos propres comportements, en reconnaissant vos émotions et en assumant vos besoins, vous pouvez vous libérer du Triangle de Karpman et construire des relations positives et épanouissantes.


A la source de ces prises de rôle dans différents scénarios, on trouve la volonté de répondre à un besoin psychologique. Or ce besoin étant mal défini, le plus souvent non conscient, il s’exprime ainsi de manière inadaptée à travers des comportements qui ne sont ni ajustés ni responsables. Dans chaque rôle, le participant trouve un avantage; quels sont donc les bienfaits d’être « victime », « sauveur » ou « bourreau » ?

Ça vous a plu ? pensez à partager ! Merci.
Et pour aller plus loin, inscrivez-vous aux stages ou prenez rendez-vous

Posted by Laure de Balincourt

Des STAGES pour mieux se connaître et booster sa confiance en soi

Le Parcours du Loup Blanc est un parcours de développement personnel et de coaching spécifiquement élaboré pour les jeunes ( ados, lycéens, jeunes adultes ).

découvrir nos stages de développement personnel pour augmenter la confiance en soi
©Parcours du Loup Blanc - Stage confiance en soi | estime de soi

Transdisciplinaire et progressif, il est adapté à tes besoins. Pourvu d'outils pragmatiques et efficaces, ce coaching PNL te servira autant dans ta vie quotidienne que lors de tes apprentissages.

Axé sur la confiance en soi, l'estime de soi, l'affirmation de soi, cette boîte à outils t'ouvre les portes de possibles en te rendant conscient de tes capacités.